À l’avenue du Chêne 26, en contrebas du village d’Aubonne, des travaux de construction d’une piscine creusée dans le jardin d’une propriété privée ont fait l’objet d’une surveillance archéologique du 30 août au 3 septembre 2024. Les travaux avaient pour but d’excaver une surface rectangulaire de 40 m2 à 1.60 m de profondeur, se situant sur le lieu d’une probable nécropole du Haut Moyen Âge où des tombes en pleine terre ont été découvertes en 1830.
Dès le début, la creuse a vite été perturbée par des tuyaux de canalisations. Les travaux se sont poursuivis à l'angle nord-ouest de la surface projetée et les premiers aménagements anthropiques sont apparus. Ces découvertes ont conduit à ralentir le rythme de creusement, grâce à des passes successives plus fines. Ce procédé a permis de révéler une sépulture insérée directement dans un niveau sableux, à environ 50 cm du fond de creuse escompté. La mise au jour de cette inhumation a provoqué l’arrêt des travaux et a remis en question le projet de piscine creusée. Les archéologues ont continué leur intervention afin de fouiller et documenter les aménagements visibles sur environ 5 m2, puis la surface a été remblayée.
La stratigraphie générale du site a livré un épais remblai contenant beaucoup de fragments de TCA, dans lequel un important amas en fer a été exhumé et a pu être identifié comme un amoncellement de chaussures modernes. Ce remblai recouvre un niveau de sable fin où s’insère la sépulture, sans trace d’architecture ou d’aménagement sépulcral visibles (fig. 1). Il s’agit d’un adulte mature, de sexe féminin, décédé à un âge compris entre 30 et 49 ans. Sa stature est estimée à 171.58 cm (± 5 cm) d’après la longueur fémorale maximale. La datation des ossements par analyse 14C fait remonter l’individu à la période du Haut Moyen Âge, dans une fourchette chronologique entre 770 et 900 ap. J.-C. La présence de nombreux fragments d’os humain dans cette même couche de sables fins conduit à l’hypothèse de la présence d’autres sépultures à proximité et non à celle d’une tombe isolée.
Cette découverte confirme les mentions de sépultures en pleine terre de 1830. Le fait de pouvoir attester une découverte ancienne dans le canton de Vaud est plutôt rare, car ces mentions ne sont souvent que peu précises géographiquement. Il s’agit donc d’un très bel exemple d’authentification de données archéologiques à travers le temps, et qui prouve dorénavant qu’une nécropole du Haut Moyen Âge s’établissait bel et bien en contrebas de la ville actuelle d’Aubonne, en bordure de la Route de l’Etraz.
Fouille: Archeodunum Investigations Archéologiques SA, Cossonay, L. Raboud.
