La surveillance de travaux de terrassement pour la mise en place d’une conduite d’eau potable, à Signy-Avenex, a mis au jour un tronçon de l’aqueduc romain qui reliait Divonne à Nyon. Ce dernier a déjà été observé à plusieurs reprises en différents points de son parcours, notamment sur la commune de Eysins et dans le quartier de Petite Prairie à Nyon.
La surveillance archéologique s’est concentrée sur la partie de la nouvelle tranchée où celle-ci devait croiser, selon les informations disponibles, les vestiges de cet ouvrage daté du Ier siècle de notre ère. Il est finalement apparu quelques mètres plus au sud que son emplacement supposé, dans un axe plus orienté NNE – SSO que NE – SO contrairement à ce que les données précédemment connues suggéraient. Après leur mise au jour par le décapage machine, le sommet des vestiges a été dégagé à la main, tandis que les éléments dépassant du volume à excaver ont été laissés en place. Le tronçon identifié sur une longueur de 3.3 m traverse la nouvelle tranchée en biais ; seule la partie nord de la structure a été observée et sa largeur, indéterminée, est supérieure à 1 m. La voûte, qui semble intacte, se compose de boulets et de quelques blocs approximativement mis en forme, généralement de 15 cm à 20 cm de côté mais pouvant atteindre jusqu’à 40 cm, le tout pris dans un mortier de chaux friable qui se désagrège en nodules de la taille du poing. Ces éléments paraissent disposés sur deux étages irréguliers, scellés par une petite couche de mortier d’environ 5 cm d’épaisseur et le sommet de l’extrados se situe à un peu plus de 1 m de profondeur depuis la surface du goudron actuel. Un sédiment fin humide comble l’intérieur de la structure jusqu’à ce qui semble correspondre à la base de la voûte. Les altitudes du fond du canal ainsi que de la base de l’ouvrage ne sont pas connues. La largeur interne visible, quant à elle, mesure 0.8 m.
Cette intervention a permis d’affiner la restitution du tracé de cet ouvrage et d’illustrer son excellente conservation à cet emplacement. Elle souligne à la fois la fiabilité et prédictibilité du tracé théorique restitué ainsi que l’utilité des vérifications ponctuelles sur le terrain, au gré des projets d’infrastructure ou de construction. Par ailleurs, l’extrémité de la nouvelle conduite, laissée en attente, devra vraisemblablement faire l’objet d’une prochaine étape de travaux dans quelques années. Ils seront l’occasion de détailler les connaissances locales sur les caractéristiques propres de l’aqueduc et son insertion dans ce contexte précis.
