Cette cargaison consiste en plusieurs centaines de récipients en céramique, miraculeusement intacts et appartenant à de la vaisselle de table de production indigène. Ce mobilier repose directement sur la craie lacustre et semble avoir été récemment dégagé par l’érosion : peu de concrétions calcaires sont visibles sur les surfaces émergentes du sable. Compte tenu de la fragilité et de la vulnérabilité de ces vestiges, une fouille subaquatique a été menée au mois de mars 2025. Dans la continuité d’autres opérations subaquatiques entreprises entre 2019 et 2024, cette campagne s’est déroulée en partenariat avec le Service archéologique de l’Etat de Fribourg (SAEF) et la Fondation Octopus, dans une volonté commune de mutualiser les compétences et les savoir-faire en matière de sauvegarde du patrimoine immergé régional.
Une surface de 960 m2 a été délimitée en vue d’une fouille fine répartie sur deux campagnes subaquatiques, la seconde étant planifiée en 2026. En 2025, 672 m2 ont été dégagés et 125 pièces de mobilier ont été prélevées. Parmi les objets mis au jour figurent une centaine de céramiques intactes (plats, assiettes, coupes, bols, amphores) ainsi qu’une vingtaine d’artefacts en fer et en bronze, notamment des éléments de char, d’harnachement et deux glaives.
Afin de localiser l’épave associée à cette cargaison, l’ensemble de la zone a été sondé sur plus de deux mètres de profondeur à l’aide d’une sonde à avalanche. Cette investigation n’a pas permis de retrouver le bateau qui a probablement sombré plus loin, après s’être délesté de son chargement. Des prospections visuelles ont toutefois révélé du mobilier archéologique dispersé sur plus de 200 m, permettant ainsi de reconstituer une partie du trajet du naufrage. Sur ce parcours, les quatre roues d’un char ont pu être documentées. Les recherches de l’épave se poursuivent.
Dans la zone de fouille fine, les secteurs les plus riches (288 m2) ont été préservés en vue de la seconde fouille programmée en mars 2026. Cette mise en réserve a permis d’anticiper la mise en place de nouveaux protocoles de conservation-restauration en collaboration avec le Pôle Collections du Laténium, Parc et musée d'archéologie de Neuchâtel, ainsi que l’installation d’infrastructures nécessaires à la prise en charge d'une telle quantité de mobilier archéologique.
La richesse, la diversité et l’état de conservation exceptionnel de ce mobilier font de cette découverte un ensemble unique en Suisse et dans les eaux intérieures au nord des Alpes.
