Les fouilles menées dans le cadre du projet « Métamorphose » de la Ville de Lausanne se poursuivent en 2025 au sud et à l’est de la parcelle, sur une surface totale de 16 500 m2.

Pour le Mésolithique, quatre locus ou campements sont identifiés et fouillés sur près de 500 m2 en partie haute du site. L’occupation datée du Mésolithique moyen (vers 8000 av. J.-C.), préservée par un niveau de colluvion, fonctionne en lien avec un niveau du lac vers 380 m (niveau actuel 372 m). Près de 17 000 pièces lithiques proviennent des opérations de fouilles et de tamisage, avec également de nombreux restes fauniques et macrorestes végétaux (coquilles de noisette, charbons). La structuration des campements se devine autour de plusieurs foyers et les cartes de répartition du mobilier en cours d’analyse montrent certaines zones d’activités spécialisées. Des indices d’occupation néolithique se trouvent au sommet du gisement (céramique, hache polie) et une ou plusieurs constructions sur poteaux datées de l’âge du Bronze s’implantent à travers toute la séquence. Le tiers médian de la parcelle, beaucoup plus érodé, livre des traces d’occupation du Mésolithique récent/final, sous forme de lambeaux de couche, de creusements et de mobilier résiduel. En partie basse du site, un niveau de végétaux suivi sur une centaine de mètres correspond vraisemblablement à un cordon littoral daté de la transition néolithique (5480-5300 cal. BC).

Pour l’époque romaine, le tiers oriental de la nécropole en cours d’exploration livre près de 1700 structures au total, majoritairement des tombes à inhumation et des fosses liées au rite de la crémation. Des alignements se dessinent et plusieurs fossés marquent les limites des différents états de l’espace funéraire. Les premières structures sont datées de l’époque augustéenne, vers 20-15 av. J.-C., puis une série d’inhumations installée dans le courant du 1er siècle ap. J.-C. présente des individus en position non-conventionnelle (ventrale, latérale, fœtale, hyper-fléchie, agenouillée, etc.). Une importante phase de crémation s’étend ensuite de la fin du 1er siècle au 3e siècle ap. J.-C., avec une grande variété de pratiques et une dizaine de constructions de plan carré interprétées comme des enclos ou monuments funéraires. Les phases tardives de la nécropole, jusqu’au 4e ou 5e siècle, sont caractérisées par des inhumations d’orientation est-ouest, dont une quarantaine sont regroupées au nord-est de la parcelle.

À l’est de l’aire funéraire, un espace d’au moins 2000 m2 est occupé par une quinzaine de grandes fosses ou dépressions globalement interprétées comme des mares. Le comblement progressif de cette zone livre un abondant matériel détritique et certains dépôts pouvant correspondre à des pratiques cultuelles (monnaies, faune). Au centre d’une des mares, une tombe en coffre de bois est installée sous un empierrement circulaire, à proximité d’un mégalithe remployé. Au sud de la nécropole, la voie d’accès principale est également bordée par une zone humide, avec des traces de parcellaire, des dépôts d’animaux et des indices d’activité artisanale. La poursuite des investigations en direction du nord-ouest devrait permettre de mieux comprendre cette partie du suburbium de Lousonna.