Dans le cadre de la construction d’un quartier résidentiel au lieu-dit Grallard, sur le territoire de la commune d’Ollon (district d’Aigle), une fouille archéologique a été réalisée du 10 novembre au 5 décembre 2025. Cette intervention a fait suite à une campagne de sondages archéologiques menée en juin 2025, prescrite en raison de l’ampleur du projet immobilier. Le diagnostic avait mis en évidence des maçonneries et du mobilier d’époque romaine dans la partie sud-ouest de l’emprise de la parcelle impactée par les constructions.
L’opération de fouille a débuté par le décapage mécanique de la zone prescrite, circonscrite autour des sondages ayant livré des vestiges. Cette première étape a permis d’identifier un ensemble structuré attribuable à l’époque romaine, composé d’un bâtiment maçonné et d’espaces extérieurs aménagés, associés à une quantité significative de mobilier (céramique, faune, tabletterie, métal, verre).
Le bâtiment, de plan quadrangulaire, est orienté nord-est — sud-ouest. Il occupe une surface minimale d’environ 40 m², sa partie sud-est se prolongeant au-delà de la zone investiguée. Son architecture se caractérise par une construction sur solins maçonnés, associés à des poteaux corniers et comprend au moins deux espaces internes distincts. La pièce côté nord-est, relativement exigüe, est équipée d’un sol en mortier reposant sur un radier de galets verticalisés.
Le second espace, de dimensions plus importantes, se distingue du premier par l’absence de sol aménagé, le niveau de circulation correspondant au sommet d’un remblai pédogénéisé. Au sud-est, l’espace est délimité par une canalisation, suggérant que l’espace était ouvert au moins d’un côté. Ces deux éléments plaident en faveur d’un espace ouvert comme une cour, plutôt que d’une pièce fermée. La découverte de deux trous de poteaux dans cet espace indique qu’il bénéficiait au moins d’une couverture partielle, peut-être sous la forme d’un avant-toit en matériaux légers.
Vers le sud-est, la canalisation sépare la cour d’un espace extérieur. Celui-ci a livré un niveau riche en mobilier, interprété comme un dépotoir, en lien avec l’occupation et le fonctionnement de l’établissement. De l’autre côté du bâtiment, un niveau de galets tassés, associé à quelques fragments de céramique, témoigne d’un espace de circulation autour de l’édifice.
La découverte de ce bâtiment s’insère dans un contexte régional en lien direct avec le site de St-Triphon, Le Lessus, dont les occupations romaines sont mal connues. La réalisation d’études et d’analyses permettra de préciser les aspects fonctionnels et chronologiques du gisement afin de le mettre en lien avec les autres sites chablaisans d’époque romaine.
