Les travaux menés cette année à Pfyngut font suite à plusieurs opérations archéologiques effectuées depuis les années 2000. Ils s’intègrent à un programme pluriannuel (2024–2027) lié à l’aménagement de vastes superficies de stockage pour le chantier de l’autoroute A9. Les fouilles ont été associées à des prospections géophysiques, des prospections au détecteur à métaux, des recherches paléoenvironnementales et archivistiques.
Des laves torrentielles amenées par l’Illgraben forment le substrat, couvert par une alternance de paléosols, colluvions et aménagements humains. Cette accumulation stratigraphique variant entre 30 cm et 2.5 m d’épaisseur fossilise différentes étapes d’évolution du paysage entre la Protohistoire et l’époque contemporaine.
À la base de cette séquence, un niveau de colluvion organique et un premier paléosol ont pu être datés du Premier et du Second âge du Fer. On retrouve ensuite, au nord-est du terrain investigué, un tronçon d’une voie romaine déjà étudiée en 2004–2007, utilisée entre le 1er s. av. et le 4e s. ap. J.-C.
Les premiers paléosols sont ensuite fréquemment recouverts de sédiments blanchâtres associés à des ravinements et à des niveaux organiques. Ces derniers présentent des négatifs de végétation, des empreintes d’animaux et de probables foyers d’écobuages, datés entre le 4e et le 8e s. ap. J.-C. Divers trous de poteaux et fosses pourraient décrire un parcellaire dont témoigne également un mur en pierre sèche.
Ces niveaux sont ensuite recoupés par des traces de labours variées, observées de manière extensive et a priori attribuables au Moyen Âge central. Ce nouveau paysage paraît lié à la mise en place de murs de terrasses souvent reconstruits à plusieurs reprises. Une partie de ces paléosols cultivés sont recouverts par une lave torrentielle survenue vers la fin du Moyen Âge.
Pour les 14e–18e s., les dépôts sédimentaires décrivent principalement des prairies irriguées par un système de bisses dont plusieurs canaux ont été fouillés. Attribuables à la même époque, les deux édifices dégagés cette année comprennent un bâtiment d’habitation à quatre pièces, doté de foyers, fosses et trous de poteaux, et une construction annexe semi-enterrée.
On observe enfin diverses traces de la bataille de Finges, survenue en mai 1799. Il s’agit en particulier d’au moins trois individus inhumés sans grand soin au milieu du parcellaire agricole, ainsi que de très nombreuses munitions et éléments d’équipement militaire dispersés sur l’ensemble du terrain.
