Les travaux menés cette année à Pfyngut font suite à plusieurs opérations archéologiques effectuées depuis les années 2000. Ils s’intègrent à un programme pluriannuel (2024-2028) lié au chantier de l’autoroute A9, intégrant également des prospections géophysiques, des prospections au détecteur à métaux, des recherches paléoenvironnementales et archivistiques.

Des laves torrentielles amenées par l’Illgraben forment le substrat du site, couvert par une alternance de paléosols, colluvions et aménagements humains, qui fossilise différentes étapes d’évolution du paysage. Ces séquences comprennent notamment :

  • des colluvions organiques et un premier paléosol de l’âge du Fer ;
  • des sols, une voie carrossable et un chemin d’époque antique ;
  • des dépôts limoneux alto-médiévaux intercalés avec des traces de brûlages ;
  • des négatifs de labours et des murs de terrasses du Moyen Âge central, en partie recouverts par des coulées torrentielles ;
  • un système de bisse et plusieurs habitats ruinés des 14e-18e s. ;
  • du mobilier et des inhumations hâtives liées à la bataille de Finges, survenue en mai 1799.

L’étude de plusieurs dépressions en amont du site a révélé des dépôts limoneux de plus d’un mètre d’épaisseur, conservant plusieurs sols et livrant de nombreuses informations sur les dynamiques sédimentaires du site.

L’étude du hameau nord-est a été achevée avec la fouille de deux bâtiments supplémentaires, semi-enterrés et construits en pierre sèche, probablement datés de la fin du Moyen Âge. Le plus grand édifice a livré plusieurs aménagements internes dont des fosses de stockage, un foyer à plat et un foyer maçonné.

Un second ensemble bâti a été fouillé au sud-ouest du site, à l’extrémité sud du village disparu de Pfyn. Ce secteur montre plusieurs reconstructions superposées, entrecoupées par au moins un abandon assez long. D’origine médiévale, l’occupation s’est prolongée jusqu’au 18e ou au 19e s., comme en témoignent le mobilier ainsi qu’une carte de 1802.

Plusieurs dépôts mortuaires contenant un ou plusieurs squelettes ont enfin été mis au jour, principalement autour du grand bisse d’origine médiévale. Le mode d’inhumation (restes humains jetés pêle-mêle) et le mobilier (boutons, munitions, monnaies, restes textiles) permettent d’identifier des victimes de la bataille de 1799. Ces combattants ont visiblement été enterrés le long d’une ligne de défense qui s’appuyait sur le relief du bisse.