Un projet de construction d’une villa à Faoug (VD), situé sur la rive sud du lac de Morat, a conduit à la découverte fortuite d'un site palafittique. Des dizaines de pilotis étaient en effet apparus lors du terrassement. Deux sondages réalisés par la Direction de l’archéologie cantonale (DAC) ont confirmé la nature préhistorique des vestiges et permis d’obtenir un aperçu de la séquence stratigraphique. La présence d’une fine couche organique, contenant du mobilier archéologique, ainsi que de nombreux pieux et trous de poteaux a motivé la mise en place d’une fouille d’urgence. Tous ces vestiges étaient menacés de destruction par les travaux prévus.
La fouille, menée par la DAC, a duré un mois. Quelque 550 pilotis et 360 trous de poteaux répartis sur une surface d’environ 130 m2 ont été mis au jour. Le mobilier, peu abondant, comprend de la céramique, de la faune et des outils en os, en bois de cerf et en pierre. Trois datations radiocarbone situent l'occupation entre 3627 et 3365 avant notre ère, soit au Néolithique moyen. Des tessons diagnostiques confirment cette attribution chronologique.
Le sommet de la séquence stratigraphique se compose de dépôts fluviatiles, probablement amenés par la rivière voisine, le Chandon, qui se jette actuellement dans le lac de Morat à l’ouest du village de Faoug. La partie intermédiaire comprend la couche archéologique, érodée et remaniée, ainsi qu’une importante accumulation de sédiments d’origine lacustre et/ou fluviatile. Enfin, le niveau inférieur est formé de galets et de graviers mêlés à des passes sableuses, voire argileuses (faciès mixte quaternaire : moraine, fluvioglaciaire würmien).
L’élaboration des données de terrain est en cours. Un inventaire dendrologique de 347 pilotis et 13 bois couchés, complété par des datations dendrochronologiques, est prévu (LRD, Cudrefin). Plusieurs échantillons de sédiments ont également été prélevés dans le but de réaliser des analyses micromorphologiques, carpologiques et palynologiques (IPNA, Bâle). Enfin, les différentes catégories de mobilier feront prochainement l’objet d’études spécialisées.
Cette découverte fortuite a engendré l’extension orientale du périmètre d’une Région archéologique existante afin de protéger les vestiges qui se poursuivent au-delà de l’emprise du chantier de construction.
