Le suivi archéologique mené dans le cadre de la pose du chauffage à distance à la rue du Criblet, à la rue du Temple et à l’avenue de Tivoli à Fribourg a permis de documenter plusieurs nouvelles sections de murs appartenant au système défensif de la porte de Romont.
Depuis 1987, l’intense développement urbanistique de ce secteur de la ville a multiplié les interventions archéologiques qui ont notamment mis en évidence, en 1993-1994, la tour-porte de Romont, son belluard et son système de régulation des eaux. Entre 2005 et 2007, une partie de l’escarpe et de l’ouvrage à cornes ont été découverts lors de la construction du théâtre Équilibre. Plus récemment, en 2022-2023, une tranchée pour la pose du chauffage à distance a livré à nouveau une portion du mur de fortification et une partie de la porte du 14e siècle ainsi que divers mobiliers.
L’intervention conduite en 2025 se trouvait dans le prolongement du tracé de 2023. Dans l’emprise de la tranchée, elle a révélé trois murs rattachés à la porte de Romont et ses remparts (fig. 1).
Bien que les importants terrassements réalisés pour la construction de l’édifice religieux de la rue du Temple aient passablement perturbé le sous-sol archéologique, trois sections de maçonneries appartenant à la tour-porte et au mur d’enceinte ont toutefois pu être documentées.
Mises en évidence sur une distance d’environ 20 m, les fondations du mur d’enceinte, lié à la première porte de Romont et daté de 1397 (fig. 2), n’ont été conservées à cet endroit que sur quelques assises.
La deuxième maçonnerie a été documentée au pied du mur de la façade nord-est de l’actuel temple réformé. Ses fondations étaient principalement constituées de moellons de tuf du côté du fossé. À titre d’hypothèse, les nombreux éléments architecturaux découverts en démolition à ses abords immédiats ont permis d’envisager une élévation en blocs de molasse se développant au-dessus des assises de tuf. Une analyse des plans de Gregor Sickinger (1582) et Martin Martini (1606) a rattaché ce mur à l’escarpe du 15e siècle (fig. 3).
Le troisième mur dégagé a été construit avec de gros blocs de molasse (≤ 2 m). Sur la base des différents plans et hypothèses établis à la suite des anciennes fouilles, cette maçonnerie pourrait correspondre à l’escarpe de la redoute du 17e siècle.
La documentation de ces diverses maçonneries a permis de compléter et de confirmer les hypothèses du plan du système défensif de la rue de Romont, levé en 2007.
