Une fouille archéologique préventive a été conduite préalablement à des travaux d’aménagement d’une digue de protection contre les inondations aux abords du complexe de l’Agroscope à Posieux. Cette intervention faisait suite à des sondages diagnostiques qui avaient confirmé la présence de vestiges archéologiques une dizaine de mètres au nord d’un habitat du Premier âge du Fer, fouillé en 2021–2022. L’objectif de cette opération était de documenter cette occupation et d’en caractériser la nature et éventuellement l’extension.

La zone investiguée correspondait à une surface de 40 m de long et 5 m de large, localisée sur le tracé de la future mesure de protection. La stratigraphie présentait une séquence relativement simple, composée principalement de colluvions reposant directement sur un substrat morainique ou molassique. Des processus érosifs particulièrement marqués ont été constatés dans la partie amont du secteur, réduisant, de ce fait, l’épaisseur sédimentaire à seulement 45 cm. La zone aval offrait de meilleures conditions de conservation en raison d’une plus grande puissance de colluvions. Quant aux vestiges archéologiques, ils se situaient majoritairement à l’interface entre les colluvions et le substrat, ce qui indiquait un lessivage quasi complet des niveaux d’occupation.

Malgré l’importante érosion, liée notamment à la forte pente, plusieurs structures archéologiques ont pu être identifiées: empierrements, fosses, fosses empierrées, trous de poteau — dont l’un présentait un système de pierre de calage (fig. 1) — ainsi qu’une structure de combustion (fig. 2). Cette dernière, morphologiquement comparable au foyer STR 45 fouillé en 2021, avait été creusée dans la molasse; elle présentait des parois rubéfiées et un remplissage charbonneux. Une analyse radiocarbone effectuée sur un charbon de bois issu de ce foyer a cependant fourni une datation plus récente, attribuable au Haut Moyen Âge, suggérant le caractère marginal de cette structure vis-à-vis de l’occupation protohistorique.

Concernant les empierrements denses et les fosses empierrées, ils évoquaient des aménagements similaires à ceux mis en évidence au sein de l’habitat situé en contrebas. La présence de plusieurs structures interprétées comme des trous de poteau, parfois pourvus de calages en pierre, plaide en faveur de constructions à élévation légère, probablement à ossature en bois. Toutefois, l’aspect linéaire de l’emprise fouillée et la dispersion des vestiges n’ont pas permis de restituer des plans de bâtiments. Une datation radiocarbone réalisée sur un échantillon prélevé au sein du comblement de l’une de ces structures fossoyées (STR 16) a fourni un terminus ante quem situé à la période laténienne.

Le mobilier archéologique était peu abondant et majoritairement en position secondaire, en raison du processus de colluvionnement. Seuls deux tessons attribuables à la Protohistoire ainsi qu’un fragment de tonnelet à pâte grise d’époque gallo-romaine et un fragment d’os de suidé provenaient de contextes archéologiques. Ils ont en effet été recueillis au niveau d’apparition des structures STR 4 (empierrement) et 15 (foyer). Le reste du corpus, constitué de quelques objets métalliques (clou, crochet, anneau, tige, etc.) et de rares fragments de tegulae a principalement été mis au jour dans l’humus. Finalement, une perle en verre bleu laiteux, réalisée selon la technique de l’enroulage (fig. 3), complète le mobilier.

La modestie et l’hétérogénéité de ce corpus ont limité les possibilités de datation chrono-typologique fine et l’interprétation des vestiges. En outre, l’attribution chronologique fondée sur des datations issues de comblements demeure également sujette à caution. Il n’est donc pas exclu qu’une partie de ces aménagements correspondait effectivement à une extension septentrionale de l’habitat hallstattien reconnu plus au sud. Toutefois, une part des découvertes a vraisemblablement appartenu à une phase d’occupation distincte, postérieure à l’habitat protohistorique, datant du Haut Moyen Âge, et éventuellement une autre du Second âge du Fer.