Les travaux de terrassement réalisés en préambule à la construction d’une villa individuelle à Montagny-la-Ville, dans le vallon de l’Arbogne, ont permis la découverte d’une portion de l’aqueduc de Bonne Fontaine, l’un des six conduits qui alimentaient Aventicum/Avenches VD en eau. Documenté sur une longueur de 9 m, l’aqueduc présente une largeur totale d’environ 1.25 m (fig. 1). Il est formé de deux piédroits maçonnés au centre desquels se développe le canal, de 39 cm de large par 48 cm de haut, aux parois verticales et au fond plat (fig. 2). L’étanchéité du conduit était assurée par un épais enduit de mortier lissé en surface, qui facilitait la circulation de l’eau. Durant l’Antiquité, le débit hydrique s’était graduellement affaibli, en raison de l’accumulation d’importantes concrétions calcaires qui ont progressivement réduit les dimensions du conduit. Afin d’assurer la stabilité de l’ouvrage, les piédroits et le canal ont été aménagés sur un radier de boulets et de galets liés par du béton de chaux très dur. Le canal, quant à lui, était couvert par une voûte formée de claveaux en tuf, dont seule l’amorce subsiste encore de nos jours. Celle-ci a peut-être été récupérée durant le Moyen Âge, lors de la construction du château qui domine le vallon de l’Arbogne.
L’ouvrage a été installé dans une tranchée d’implantation présentant une paroi nord-est évasée au sommet et se terminant de manière verticale, une paroi sud-ouest subverticale et un fond plat. De plus, il était protégé des eaux de ruissellement souterraines par un drain composé d’un alignement de boulets et de galets installés contre le piédroit faisant face au coteau, au pied duquel il a été érigé. Enfin, une couche de terre recouvrait l’ensemble, pour le protéger de l’érosion et des variations météorologiques.
