La seconde étape des travaux de réfection des services, couplée à l’installation du chauffage à distance par la commune de Moudon a permis d’observer dans les tranchées, une partie du sous-sol du centre-ville actuel, soit en dehors du bourg médiéval, sur 521 m linéaires. La surveillance archéologique a mis en évidence un peu plus de nonante structures, dont la chronologie doit être précisée par les études de mobilier et les analyses, prévues en 2026.
Un coffre en dalle de molasse qui évoquait par son architecture et par ses dimensions les tombes en ciste du Néolithique moyen, n’a livré qu’un peu de céramique et de possibles éclats de taille, mais aucun ossement humain. En comparaison des tombes dites de « Chamblandes », la profondeur réduite du coffre ouvre de nouveaux questionnements quant à sa catégorisation et sa datation.
Les vestiges d’époque romaine consistent essentiellement en des maçonneries associées à un enclos funéraire connu depuis les années 2000 et dont une partie avait été fouillée en 2020. D’autres types de structures sont rattachés à la même période par l’insertion stratigraphique, tels qu’un foyer et une fosse.
Le mur du rempart extérieur de la ville basse a été rencontré à plusieurs reprises. Il s’inclut dans un système d’aménagements défensifs construits à la suite de l’édification de l’église St-Étienne remontant, selon les archives, au dernier quart du 13e siècle. Quatre segments de maçonneries ont également été mis au jour dans la cour des anciennes casernes. Ces derniers devront être comparés avec le bâtiment daté entre la fin du 13e et le 14e siècle, recensé une dizaine de mètres au sud-est.
Les structures d’époque moderne sont majoritairement représentées par des sépultures à inhumation associées à deux des cimetières attestés sur les anciens plans cadastraux. Ils sont tous les deux ceints de murs maçonnés, également mis au jour à cette occasion. Le premier espace, traversé dans sa largeur, est en fonction entre 1806 et 1842. Il présente un niveau de tombes en fosses individuelles destinées à accueillir des cercueils cloués en bois, dont il ne reste que les assemblages métalliques (clous, poignées, crochets). Les sépultures, qui ne se recoupent que très rarement, sont orientées nord-est/sud-ouest.
Le second comprend au moins trois niveaux de sépultures individuelles en fosse, orientées nord-ouest/sud-est et dont la chronologie devra être précisée. Contrairement au premier cimetière, plusieurs d’entre elles se recoupent et les réductions d’ossements, dont la plupart sont organisées, y sont nombreuses. De manière générale, les individus sont inhumés en décubitus dorsal, avec des positions variées pour les membres supérieurs (croisés sur le pubis, le long du corps, ou asymétriques). Les jambes sont quant à elles systématiquement en extension. Le mobilier accompagnant les défunts comprend des agrafes à barbacane et des épingles de linceul en bronze, ainsi que des fragments de tiges de pipe, sans compter le matériel résiduel recueilli dans les comblements (céramique, faune, métal, verre et monnaie). Les fondations maçonnées des anciennes halles de Moudon, identifiées grâce aux précédents plans cadastraux, ont également été documentées en élévation.
