Le hameau de St-Christophe qui comprend une maison forte seigneuriale et plusieurs dépendances est situé sur une éminence qui surplombe la plaine de l’Orbe et le village de Mathod. Il est équidistant des villages de Champvent et de Rances.

Au Moyen-Âge, le site est peu connu historiquement, on sait qu’il comporte une église paroissiale mentionnée en 1228, ainsi qu’un village qui est encore mentionné au 15e siècle, mais semble disparaître au milieu du siècle suivant.

Le manoir remonte essentiellement au milieu du 16e siècle ; il a été construit par le bernois Jost de Diesbach, bailli d’Yverdon, propriétaire depuis 1542.

En 2025, les travaux se sont poursuivis avec l’analyse des façades du manoir et du grenier, ainsi que diverses zones de fouilles dans le jardin.

L’étude du bâti du grenier a démontré une construction homogène (D1675-1676) à l’exception de modifications de fenêtres ; la construction du pigeonnier est antérieure à 1724.

L’analyse des façades du manoir est partielle, hormis pour la façade nord, en raison de la présence des enduits avec décor de faux joints, dont les restaurateurs de l’Atelier Saint-Dismas ont pu identifier plusieurs phases distinctes. Des fenêtres à croisée originelles ont été mises au jour au premier étage (fig. 1).

La fouille complète des locaux M0.09 et M0.12 a révélé la présence d’au moins deux phases de bâtiments antérieurs.

Les fouilles sur la terrasse sud ont livré les vestiges des murs de terrasse visibles sur les plans du 18e – avec un tracé différent de l’actuel – ainsi que les vestiges d’un cimetière (fig. 2).

Dix-neuf inhumations ont été observées dans la zone impactée par les travaux, dont neuf sépultures en place et une fosse de vidange ont été analysées et prélevées. Au moins trois phases d’inhumation ont été mises en évidence, datées entre le 8e et le 14e siècle. Il s’agit essentiellement d’individus adultes, avec la présence de deux immatures. Dans la fosse de « vidange », (fig. 3) essentiellement constituée d’os longs, toutes les classes d’âges sont représentées. Les orientations des sépultures suivent des axes ouest/est avec les têtes des individus placées vers l’ouest.

La majorité des tombes sont creusées dans la molasse avec des fosses ovoïdes, subrectangulaires ou anthropomorphes (fig. 4). Les fonds de fosse sont généralement plats ou en cuvette ; les profils des fosses sont globalement droits, parfois en cuvette ou évasés. Des espaces vides ont été interprétés dans sept cas sur neuf (deux non identifiables), ainsi que des aménagements en matériaux périssables (couvercles ou « contenants rigides »). Un cas de logette céphalique, avec probable coussin pour surélever la tête, a été mis en évidence. Dans la majorité des cas il n’y a pas suffisamment d’indices permettant d’interpréter la présence d’enveloppes souples (linceuls par ex.).

L’état de conservation des ossements est généralement moyen et les représentativités des individus varient d’un seul membre à des squelettes complets. Les individus sont exclusivement inhumés en décubitus dorsal, jambes étendues sauf dans un cas, avec les bras et les mains dans des positions variables.

L’absence de mobilier utilitaire ou liturgique corrobore les datations 14C qui s’échelonnent de la fin du 8e au 14e siècle. Cette période est en effet marquée par une absence de mobilier dans les tombes du fait des prescriptions ecclésiastiques.