En début d’année et pendant 4 mois, la Section d'archéologie et paléontologie a poursuivi la fouille du cimetière de Saint-Brais, situé à environ 180 m au sud de l’église. 73 nouvelles inhumations ont été mises au jour. Additionnés aux 54 sépultures documentées en 2023, cela représente un total de 127 individus découverts sur une surface de 250 m2 pendant cette fouille de sauvetage, en lien avec la construction d’une maison familiale (fig. 1).
Le rapport anthropologique et les données récoltées durant ces deux campagnes confirment l’inhumation d’un grand nombre d’individus à intervalles rapprochés. Si les défunts paraissent avoir été mis en terre parfois à la hâte et en groupe (fig. 2), ils ont été déposés selon les normes culturelles et religieuses de l’époque. Les corps sont généralement allongés tête vers l’ouest, en décubitus dorsal et en extension, avec les bras fléchis au niveau de l’abdomen.
L’implantation d’une canalisation en béton et de plusieurs chambres dans les années 1970 ont partiellement détruit certaines tombes (fig. 3). Le curé du village, L’abbé Georges Jeanbourquin, qui a suivi ces travaux, a rapporté dans son ouvrage "Planey – St-Braix, 1987" l’observation de plusieurs tombes.
Quelques cas particuliers ont été observés. Cela concerne notamment celui d’une femme âgée entre 20 et 40 ans, couchée sur le côté avec les membres supérieurs et inférieurs fléchis, qui incite à envisager une inhumation réalisée sans soin (fig. 4).
Bien qu’elles renforcent la possibilité de se trouver en présence d'un cimetière de pestiférés, ou du moins à un cimetière établi rapidement pour parer à une hausse soudaine du taux de mortalité, ces observations n’impliquent pas que tous les défunts soient morts de la peste. En effet, d’autres maladies, voire un épisode de famine, peuvent être responsables de certains décès, et seuls les résultats de l’analyse paléogénétique permettront d’établir le type d’épidémie qui a frappé cette population.
