Le hameau de Saint-Christophe comprend la maison forte seigneuriale, deux fermes et plusieurs dépendances. Situé sur une éminence qui surplombe la plaine de l’Orbe et le village de Mathod à l’est, il est équidistant des villages de Champvent et de Rances.
Au Moyen Âge le site est peu connu historiquement, on sait qu’il comporte une église paroissiale mentionnée en 1228, ainsi qu’un village, qui est encore mentionné au 15e siècle, mais semble disparaître au milieu du siècle suivant. Le manoir dans sa volumétrie actuelle remonte essentiellement au milieu du 16e siècle ; il a été construit par le bernois Jost de Diesbach, bailli d’Yverdon, propriétaire depuis 1542. Ces datations sont confirmées par les récentes analyses dendrochronologiques entreprises au château.
Les seize sondages préliminaires effectués au printemps 2024 se sont avérés pour la plupart positifs, mettant au jour plusieurs murs, une coulisse, des drains, et des pavages, ainsi que six sépultures à inhumation qui ont fourni une fourchette chronologique entre 950 et 1370 AD, confirmant ainsi la présence du cimetière et probablement d’une église à proximité. Cette dernière, dont l’emplacement a fait l’objet de plusieurs hypothèses, notamment en la situant à l’emplacement du grenier à grains, sans doute à cause des dimensions de ce dernier et du plafond voûté en bois qui vient d’être daté de l’automne/hiver 1675/76, n’a pas été identifiée pour l’instant. Au contraire, les travaux effectués dans le sous-sol du grenier n’ont montré aucun vestige antérieur à la construction.
Le suivi des travaux de fouilles – entrepris tant à l’extérieur qu’à l’intérieur des bâtiments – a livré divers vestiges en relation avec les périodes les plus récentes du grenier et du manoir, soit à partir du milieu du 16e siècle et jusqu’au début du 20e siècle, dont un bassin en béton de la fin du 19e à l’emplacement d’un plan d’eau en galets construit entre 1724 (TPQ) et 1836 (TAQ) (fig. 1).
Les décaissements à l’intérieur du manoir ont également livré des niveaux de construction, des sols en terre battue, ainsi que deux murs antérieurs dans le local de la partie sud-est du manoir (fig. 2); l’un des murs porte des restes d’enduits monochromes en place, tandis que des fragments avec un décor de filet rouge ont été mis au jour en position secondaire.
Des déchets de cuisine (abondantes coquilles d’escargots et fosses cendreuses) ont également été découverts dans la future cuisine. Des pièces de monnaie, datant de la fin du 15e siècle pour les plus anciennes et du 18e siècle pour les plus récentes, ont également été mises au jour.
Les premières observations et les sondages sur le bâti permettent également d’entrevoir l’importance des transformations subies par le bâtiment principal, ainsi que la richesse des décors successifs (fig. 3).
Les travaux vont se poursuivre en 2025 avec différents creusements à l’intérieur et à l’extérieur et l’analyse du bâti des parties décrépies des divers édifices (manoir, grenier et dépendances).
Fouille: Archéotech SA, Épalinges, A. Pedrucci, A. Tenud.
